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| Informations techniques sur les peintures |
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Les "préparations" (peintures, encres, colles, couleurs fines) formulées, fabriquées et distribuées par les sociétés affiliées à la FIPEC contiennent
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pratiquement toujours, un ou plusieurs liants (filmogènes ou non)
- le plus souvent des solvants (éventuellement de l'eau)
- des pigments (cas des peintures, encres et couleurs fines)
Ces "préparations", notamment les "préparations dangereuses", sont soumises à des contraintes spécifiques, prévues par les réglementations nationales et européennes : "installations classées" pour la fabrication et le stockage, limitations de mise sur le marché, fiches de données de sécurité, étiquetage de sécurité, transport, valorisation des déchets (déchets de produits et déchets d'emballages), contraintes spécifiques (contact avec les denrées alimentaires, norme "jouets", etc.). En liaison avec CEPE (Comité Européen des Peintures et des Encres) et FEICA (Fédération Européenne des Industries des Colles et Adhésifs), la FIPEC représente les professions concernées auprès des Pouvoirs Publics, européens et nationaux. Elle participe à l'élaboration des réglementations, et assure la diffusion des informations réglementaires à ses adhérents.
Une peinture est un matériau fluide, liquide ou pulvérulent, qui, après application en couche mince sur un support (subjectile), donne, par un processus physique ou chimique, un film mince adhérent protecteur et/ou décoratif. |
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| (2) SYSTEMES DE PEINTURES |
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C'est un ensemble de plusieurs couches compatibles, de nature et de fonctions différentes et complémentaires (protection, texture, couleur…)
- la première couche au contact du subjectile assure le contact, l’adhérence et peut apporter des propriétés spécifiques comme la protection contre la corrosion.
Sur un support non absorbant (métal, plastique), on parle de primaire
Sur un support absorbant (bois, maçonnerie), on parle d’ impression
- la ou les couches suivantes servent à masquer les inégalités du support, apporter un effet barrière ou remplir d’autres fonctions spécifiques.
Ce sont les sous-couches, couches intermédiaires ou surfaceurs.
- la dernière couche apporte l’aspect visuel final d’où son nom de finition.
C’est elle aussi qui est en première ligne pour résister aux agressions diverses : lumière, température, chocs, rayures, contact avec des substances chimiques...
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| (4) FORMATION DU FILM |
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La formation d'un film de peinture continu et adhérent se fait
- dans un premier temps par un mécanisme physique (départ de solvant, fusion d’une poudre)
- suivi ou non d’une réaction chimique apportant l'insolubilité du film dans l'eau ou les solvants et le développement des propriétés mécaniques et chimiques du revêtement.
1. Séchage physique par évaporation à l'air à température ambiante
- liants en solution : l'élimination du solvant laisse un enchevêtrement de macromolécules assurant la cohésion du film et son adhérence au support. Le film formé reste sensible aux solvants.
- liants en dispersion dans l'eau : l'évaporation de l'eau entraîne le contact des particules de liant, puis leur fusion, conduisant à un matériau polymère continu.
Le phénomène de coalescence se produit à une certaine température, dite "température minimum de formation du film", caractéristique du polymère. Cette température peut être abaissée par des "agents de coalescence" qui assurent une plastification temporaire.
2. Séchage chimique
Une fois le solvant évaporé, une réaction chimique peut être déclenchée qui va transformer les molécules de liant en un réseau tridimensionnel, aux propriétés mécaniques et à la résistance chimique accrues.
- séchage par oxydation : réaction chimique à température ambiante sous l'action de l’oxygène de l’air.
(huiles siccatives naturelles, alkydes, esters d’époxy...). Cette réaction, lente, catalysée par des siccatifs ., ne s'arrête jamais et entraîne la perte progressive de la souplesse du film, de son brillant, et donc son vieillissement.
- séchage par polycondensation : réaction chimique, avec élimination de petites molécules (eau, alcool, etc..). Elle est déclenchée généralement par élévation de la température ( "étuvage" ) et s'arrête par retour à la température ambiante.
- séchage par polyaddition : réaction chimique, sans élimination de petites molécules, se produisant généralement à température ambiante après adjonction, au moment de l'emploi, d'un second constituant ( peintures en deux emballages )
- séchage par polymérisation radicalaire : réaction de polymérisation déclenchée par un initiateur . de type peroxyde (cas des polyesters insaturés en présence de styrène) ou par un photoinitiateur après exposition à des radiations ultraviolettes ou à un bombardement électronique (cas des résines acryliques en présence d'oligomères liquides).
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| (5) DOMAINES D'EMPLOI |
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Les peintures décoratives (peintures "bâtiment" et "grand public").
Supports : maçonnerie, bois, métal ou plastique
Application : sur chantier
Matériel : brosse, rouleau, pistolet pneumatique, pistolet airless
Formation du film : séchage à l'air ambiant.
Les peintures industrielles
Supports : bois, métal ou plastique
Application : en atelier (généralement dans une "cabine" de mise en peinture)
Matériel : trempé, aspersion, pistolet (pneumatique ou électrostatique), machines à rouleau ou à rideau…
Formation du film : séchage à température ambiante, ou au four, ou par photopolymérisation.
Les peintures marine et anticorrosion
Supports : structures métalliques volumineuses ou fixes
Application : sur chantier
Matériel : brosse, rouleau, pistolet pneumatique, pistolet airless
Formation du film : séchage à l'air ambiant |
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| (6) LES SUPPORTS |
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Le choix de la peinture ou du système de peinture dépend
- du support à traiter (nature, état)
- des conditions auxquelles le produit peint sera exposé.
Reconnaissance des supports :
La reconnaissance des supports gouvernera la préparation de la surface avant mise en peinture et le choix du système à retenir.
Supports minéraux
Les fonds sont caractérisés par
- leur nature : béton, mortier, plâtre, brique
- leur âge : par exemple bétons neufs, donc alcalins ou fonds anciens à rénover déjà recouverts ou non de revêtements
- leur état : fonds propres ou souillés, sains ou de faible cohésion, secs ou humides etc...
Supports métalliques
Les points à identifier sont :
- la nature : fonte, aciers de compositions et de nuances diverses, aluminium et alliages, zinc et alliages, soit massifs soit déposés en couches minces protectrices sur acier (galvanisation), cuivre et alliages...
- le mode de préparation de la pièce : tôle laminée à chaud ou à froid, pièce obtenue par coulée ou par injection, assemblage par soudure...
- l’état de la surface : corrosion, souillures (huiles, graisses, flux de soudure), présence d’anciennes peintures...
Supports plastiques
L’extrême variété des matières plastiques implique de reconnaître avec soin leur nature.
- les thermodurcissables et composites
- les thermoplastiques
- polyoléfines : polyéthylènes, polypropylènes, EPDM, Téflon...
PVC et ses copolymères
- polystyrène et ses copolymères (ABS...)
- plastiques techniques : polyesters, Nylon, Delrin, PPO,...
- les élastomères
Bois
Le bois, matériau d’origine naturelle, présente une grande variété :
- nature des essences,
- présence de composés pouvant exsuder (résine)
- dérivés solubles à fort pouvoir colorant (bois exotiques, châtaignier)
- composés inhibiteurs de certaines réactions de formation du film.
Il est sujet à des attaques biologiques (champignons, moisissures...)
C’est un matériau hygroscopique dont la teneur en eau peut varier.
Préparation et traitement avant mise en peinture
Supports minéraux
Le traitement des supports minéraux à peindre dépend de leur état :
- supports neufs :
- bétons et mortiers : brossage pour éliminer la laitance sur béton neuf
sur supports neufs, non encore carbonatés donc fortement alcalins utiliser des liants peu sensibles à la saponification (pas d’alkydes !)
- plâtre : impression pour régulariser l’absorption du support (embus) et corriger une cohésion parfois faible de la surface.
- supports à rénover :
- lessivage , selon l’état de la surface, pour éliminer les salissures
- décapage , si nécessaire, au moyen d’un décapant chimique
- soit alcalin (peintures saponifiables)
- soit solvanté (peintures acryliques et vinyliques).
- impression pour les fonds présentant peu de cohérence.
Supports métalliques (acier, aluminium, zinc)
- Dégraissage : soit au solvant, soit par des lessives aqueuses.
- Décapage
décapage chimique par immersion dans des bains généralement acides, impérativement suivis d’un rinçage efficace, terminé à l’eau déminéralisée.
décapage mécanique par projection d’abrasifs, grenaillage ...
- Conversion chimique
Les principaux modes de conversion sont la phosphatation sur acier et sur zinc (donc acier galvanisé) et chromatation sur zinc ou alliages d’aluminium.
Cas particulier des pièces de fonderie : ces pièces en fonte, aluminium, zamac... contiennent des quantités importantes de gaz occlus. Il est indispensable de les réchauffer à une température suffisante avant mise en peinture pour éviter les piqûres.
Supports plastiques
- Dégraissage au moyen de solvants (contrôler la sensibilité du matériau au solvant) ou de lessives aqueuses avec rinçage à l’eau désionisée.
- Modification chimique nécessaire pour certaines matières plastiques (polyoléfines).
Cette modification pen surface eut être réalisée par flammage, plasma froid, par un gaz ionisé, par effet corona ou par certains bains chimiques oxydants.
- Chauffage des matériaux composites renforcés par des fibres ou des charges, qui comportent des gaz occlus qu’il est souhaitable d’éliminer avant mise en peinture pour éviter l’apparition de piqûres lors de la cuisson.
Bois
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| (8) LE SÉCHAGE |
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Après application, la peinture va subir une transformation qui donnera un film de peinture sèche.
Le séchage peut se faire :
- dans les conditions ambiantes pour les peintures dites " à séchage air "
- par élévation de température pour les peintures dites " à séchage au four "
- par réticulation sous rayonnement (UV, faisceau d’électrons), dans des installations spéciales, pour les peintures formulées spécalement.
Le séchage à température ambiante : c'est le cas des peintures à simple séchage physique (certaines peintures en solution dans des solvants et les peintures à liants en émulsion), des peintures à séchage oxydatif (peintures à base d'huiles siccatives et certaines peintures alkydes) et des produits, généralement présentés en deux emballages, durcissant après mélange (époxy, polyuréthannes). Le phénomène peut être accéléré par une élévation modérée de la température ou sous l’action d’un rayonnement infrarouge ou encore une ventilation forcée...
Le séchage au four (par étuvage) : la réaction de durcissement du film se déclenche sous l’action d’une élévation de température obtenue en portant la pièce peinte dans une enceinte chauffée (étuve, four). La température et la durée de séjour de la pièce est fonction de la nature de la peinture.
Cas des peintures en poudres :
le passage au four permet la fusion de la poudre déposée . La peinture liquéfiée mouille la surface et s’étale en un film mince. Simultanément, une réaction chimique se déclenche qui conduit à la formation d’un matériau réticulé.
Le durcissement par photopolymérisation : la réaction chimique qui fait passer de la peinture liquide au film solide est déclenchée sous l’action d’un rayonnement énergétique (ultra violet ou faisceau d’électrons). Les tunnels UV sont équipés de lampes spéciales à vapeur de mercure. Les tunnels à faisceaux d’électrons exigent des installations plus complexes avec accélérateurs sous hautes tension (150 à 300 kV) et protection contre les rayons X générés par les électrons accélérés.
Cas des hydrosolubles
Pour toutes les peintures en solution, la qualité de la formation du film dépend de l’évaporation du mélange de solvants. Il est important que les "bons" solvants de la résine restent présents jusqu’à la fin du séchage.
Dans le cas des peintures hydrosolubles, la présence de vapeur d’eau, toujours présente dans l’atmosphère, peut, en cas d'hygrométrie élevée, ralentir le départ de l’eau du film, alors que les cosolvants sont éliminés. La résine précipite alors en une masse peu cohérente. Le séchage des peintures hydrosolubles industrielles requiert donc un contrôle strict de l’atmosphère dans laquelle s'effectue le préséchage qui précède l'entrée dans l’étuve de cuisson.
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| (9) LES NORMES |
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La normalisation constitue la base d’un langage commun entre fournisseur et utilisateur lorsqu’ils ont à caractériser la qualité de fournitures et les performances attendues.
Les textes normatifs définissent les méthodes d’essais servant à caractériser les produits de peinture à tous les stades de leur existence.
Les normes servent à caractériser les produits, leur aptitude à l’emploi, leur performance, la constance des caractéristiques qui guident leur sélection, emploi, contrôle, et caractéristiques finales.
La connaissance des méthodes d’essais appliquées aux peintures et vernis est essentielle pour comprendre et interpréter
- les indications fournies par les fabricants sur leurs produits
- les performances que l’on peut en attendre.
Les différents types de normes
- Les normes nationales : chaque pays a son système de normalisation géré par un organisme officiel.
En France c’est l’ AFNOR , en Allemagne la DIN, en Grande Bretagne la BSI, aux Etats Unis l’ASTM...
- Les normes européennes : le Comité Européen de Normalisation ( CEN ) développe des normes qui, lorsqu’elles sont adoptées, remplacent automatiquement les normes nationales traitant du même sujet dans les pays de l’Union Européenne et de l’AELE.
- Les normes internationales : l ’ ISO élabore des normes de portée véritablement mondiales mais dont la transposition n’est pas obligatoire dans les différents pays.
Les méthodes d'essais des peintures
- Méthodes d'échantillonnage
La qualité de l'échantillonnage est primordiale pour obtenir des résultats d'essais représentatifs du produit. Le prélèvement d'un échantillon de peinture ou la réalisation de plaquettes-échantillons ou panneaux peints pour essais sont des étapes qui doivent être réalisées avec soin.
- Echantillonnage de peinture liquide : il faut
- homogénéiser le contenu de l'emballage
- fermer hermétiquement les récipients d'échantillonnage
- étiqueter les récipients avec les informations nécessaires pour permettre une identification sans contestation
- Préparation de plaquettes ou panneaux peints pour essais :
La valeur des résultats des essais dépend de la rigueur de la préparation et de la conformité avec ce qui est ou sera réellement fabriqué
- support identique ou représentatif
- régularité de la couche ou du système déposé
- épaisseur minimum à respecter
- température, viscosité et dilution de l'échantillon de produit
- séchage et durcissement complet dans les conditions préconisées
- stabilisation en atmosphère contrôlée
généralement 23°C+- 2°C et 50%+- 5% HR)
- Méthodes d'identification
Pour caractériser une peinture liquide , on peut utiliser les mesures des grandeurs suivantes :
- extrait sec
- masse volumique
- taux de cendres
- viscosité et son évolution dans le temps
- finesse de broyage
- pouvoir couvrant
- ....
- Caractéristiques de performance :
Pour qualifier les produits appliqués , on peut utiliser de nombreuses normes permettant l’évaluation des propriétés liées à la fonction et la vie du revêtement :
- temps de séchage
- adhérence au support et entre couches
- résistances mécaniques : dureté, résistance à la rayure, au choc, au quadrillage, à l’abrasion
- aspect : texture, couleur, brillant après l’application et après vieillissement
- durabilité de l’aspect
- résistance à la corrosion, aux agressions chimiques et biologiques
- résistance à la chaleur, résistance à l’humidité
- résistance à des agressions spécifiques, fonction de l’usage
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Fédération des industries des peintures, encres, couleurs, colles et adhésifs
42, avenue Marceau - 75008 PARIS
Téléphone : 01 53 23 00 00 - Télécopie : 01 47 20 90 30
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